Historique
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Siège de Beauvais  Charles le Téméraire, Duc de Bourgogne, voulant venger la mort du Duc de Guyenne frère de Louis XI, ravage la Normandie ; il passe la Somme à la tête de 80 000 hommes, déjà la ville de Nesle a été saccagée, livrée aux flammes et ses habitants égorgés. Beauvais, sans doute, est réservée aux mêmes horreurs.
 Le 27 juin 1472, au point du jour, des couvreurs qui travaillent en haut de la Cathédrale voient surgir l’avant-garde de l’armée bourguignonne en direction de TILLE. L’alarme jetée par les « cloquettes » de saint Pierre est répercutée par les cloches des paroisses. En un instant, la ville est sur pied.
 Vers les huit heures, un héraut bourguignon somme les défenseurs de se rendre et essuie un refus.
La garnison ne se compose que d’environ cinquante arbalétriers et d’une trentaine d’archers francs, plus quelques compagnies bourgeoises mal armées et peu entraînées, on ne dispose que de peu de pièces d’artillerie.
Le péril est extrême. Les fuyards commencent à se presser aux portes, l’Evêque en tête quand l’épouse du Maître de Bréquigny a la hardiesse de saisir la bride de son cheval pour lui faire rebrousser chemin.
Par opposition à la conduite de l’Evêque Comte, bourgeois, bourgeoises et petit peuple font preuve d’une remarquable intrépidité en dépit du fait que BEAUVAIS est de « petite défense » tant en hommes qu’en armement ou qu’en solidité des remparts ainsi que le déclare le Maître Guillaume BINET.
La châsse de Sainte Angadrême, protectrice de la ville, est processionnellement conduite à proximité de l’endroit le plus menacé.
En hâte les habitants s’arment de leur mieux, femmes, filles et enfants se mêlent aux soldats, se rendent utiles en apportant des « trousses de flèches, des fagots, de la poudre des épieux ».
Au premier assaut de la porte du limaçon, de nombreux soldats sont abattus à coups d’arbalète. L’autre assaut, qui a pour théâtre, la porte de Bresles, n’est pas moins vaillamment accueilli par nos guerriers improvisés que femmes et filles ravitaillent en grosses pierres, en flèches et en poudre.
Jeanne LAISNE grimpe sur la brèche où un bourguignon s’apprête à planter son étendard, elle le lui arrache des mains au moment où il va s’écrier « ville prise » et de ses mains nues, le repousse dans le vide. Un peu plus tard, elle portera le trophée à l’église des Jacobins. Les assauts successifs ont commencé à huit heures du matin, ils ne s’arrêtent qu’à la nuit tombée.
Grâce en grande partie à ces femmes, la ville n’est pas conquise ; cependant le danger est loin d’être écarté et ce n’est que le 22 juillet que Charles le Téméraire donne l’ordre de la retraite.
La victorieuse défense de BEAUVAIS porte un coup mortel à la ligue nouée par Charles le Téméraire. La résistance de ROUEN achève de la dissoudre et le Duc se résigne à se replier en Lorraine où il finit par trouver la mort devant NANCY.
Louis XI est maintenant maître incontesté au nord de PARIS et il ne manque pas de témoigner sa gratitude aux gens de BEAUVAIS.
Il promulgue une ordonnance datée du mois de juin 1473, par laquelle il décrète qu’il sera fait, chaque année, une procession solennelle le jour de la fête de Sainte Angadrême et que les femmes y auront le pas sur le clergé et sur les hommes ; en outre, cette ordonnance confère aux dames un des privilèges qui appartient en propre aux femmes de la noblesse, c’est à dire que : « Toutes les femmes et filles qui sont à présent et seront à tout jamais en ladite ville se pourront le jour de leurs noces et toute fois que bon leur semblera, parer, vestir et couvrir de tels vêtements, parement joyaux et ornements que bon leur semblera, sans que, pour ce, elles puissent être aucunement notées, reprises ou blasmées, de quelques estat ou condition qu’elles soient ».
Le Roi ne se borne pas à ces bienfaits ; après la création d’une Mairie, il marie Jeanne à Colin Pilon, la dote avec générosité et « pour la considération de la bonne et vertueuse résistance qui fust faite l’année dernière passée, par nostre chère et aimée Jeanne LAISNE, fille de Mathieu LAISNE, demeurant en nostre ville de BEAUVAIS, à l’encontre des Bourguignons, tellement qu’elle gagna et retira devant elle un étendard ou bannière audits bourguignons, ainsy que nous estant dernièrement en nostre dicte ville avons esté informé, nous avons pour ces causes, en faveur du mariage d’elle et de Colin Pilon, conclu et accordé que lesdits Colin Pilon et Jeanne, sa femme soient, leur vie durant francs, quiètes et exemps de toutes
les tailles qui sont et seront d’ores en avant mises sus, et aussi de guet et de gardes fortes… »
Donné à SENLIS, le 22 février, en l’an de grâce 1474. Peste, la résistance paye royalement ses héros !
L’heureux époux de la brave Jeanne rend son âme à Dieu lors du siège de NANCY en 1477 où Charles le Téméraire, combattant contre René II, Duc de Lorraine, qu’il a dépossédé, trouve lui-même la mort. A quelques temps de là Jeanne se remarie avec l’un de ses cousins du côté de sa mère, Jean FOURQUET « Capitaine d’aventures » qui est attaché un moment à la sauvegarde du souverain. Modeste et sage, l’héroïne de BEAUVAIS rentre dans l’obscurité, et tout nous porte à croire qu’elle vécut en femme de bien.
Pourtant son souvenir est destiné à demeurer dans la mémoire des hommes, et nous trouvons trace d’une rente de quinze cents francs que Charles X sert encore à Pierre FOURQUET d’HACHETTE, l’un des lointains descendants de la vierge de BEAUVAIS.
Ainsi, depuis 1473, chaque année, le dernier week-end de juin, les Beauvaisiens ne manquent jamais d’honorer SAINTE ANGADREME patronne de la ville et leur héroïne JEANNE HACHETTE.
Le lendemain, des hérauts d’armes accompagnés du héraut de la proclamation parcourent toutes les rues de la ville pour annoncer les festivités et l’arrivée du Roi dans la soirée. Louis XI arrive à cheval par la route de PARIS, escorté de sa suite.
Après avoir défilé à travers les rues de sa bonne Ville, il est accueilli au pied du parvis de la Cathédrale par le Bailli qui lui dit « gentil Sire » en venant saluer leur bon Roi et lui souhaiter la bienvenue, les Maires, Pairs et Bourgeois de BEAUVAIS témoignent de leur fidélité et de leur bonne loyauté. Le Roi répond « grand merci de l’accueil qui m’est fait depuis vos faubourgs. Moult m’est agréable de me trouver au milieu de mes bons habitants de BEAUVAIS qui l’an dernier, ont rebuté Charles de Bourgogne, notre vilain sujet ».
Puis le Bailli invite Louis XI à assister au spectacle qui est donné en son honneur sur la place où est érigée depuis 1851 la statue de notre héroïne.
Le lendemain après-midi, on présente au Roi les clés de la ville au milieu d’un grand déploiement de foule aux costumes chatoyants en présence de Jeanne Hachette et de son fiancé Colin Pilon.
A l’issue de la cérémonie, des salves de canon sont tirées en l’honneur de Jeanne Hachette, de ses demoiselles d’honneur et du Roi Louis XI qui traduisent la joie de la liberté et la paix retrouvées.

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